Végétarisme, végétalisme et tendance green

Cela fait un moment que j’ai envie d’aborder ce sujet ici, mais je ne savais pas trop comment m’y prendre, quoi dire, étant en constante évolution autour de cette réflexion. Doit-on continuer à manger de la viande ? Devons nous tous devenir végétariens, voire même végétaliens au nom de l’écologie, de la santé ou de la compassion ? Une blogueuse qui se revendique « green » doit elle obligatoirement avoir un positionnement végane pour être crédible et en phase avec elle-même ?
Je me questionne pas mal là-dessus ces derniers temps, et c’est la récente vidéo de Julie « Le green c’est in » qui m’a donné le déclic nécessaire pour avoir envie d’en parler.

Je vais vous expliquer mon histoire, mon évolution et mon positionnement à ce sujet afin d’ouvrir le débat, et pouvoir échanger avec vous sur ce thème oh combien délicat. J’ai bien conscience qu’il peut être source de polémique et d’incompréhension, donc je vous demanderais de partager votre avis en toute bienveillance, intelligence et ouverture d’esprit. Tout n’est pas « blanc » ou « noir », les choses sont en général plus nuancées, c’est en tout cas ma vision de la vie !

Je précise pour ceux et celles qui découvrent cet univers, qu’un végétarien ne mange pas d’animaux (viandes, poissons, crustacées), un végétalien ne mange aucun produit issu des animaux (oeufs, lait, miel…). Quant au mode de vie végane, c’est une éthique qui veut que l’on ne crée aucune souffrance animale, au-delà de l’alimentation (pas de cuir, de laine, de soie, de produits cosmétiques testés sur les animaux…). Je vous propose de regarder la vidéo d’Esther qui est très instructive, sans être moralisatrice ni mélodramatique.

 

végétarisme, végétalisme et tendance green

MON PARCOURS

J’ai grandi dans une famille où les protéines animales faisaient partie de tous les repas. Mes parents n’étaient pas du tout sensibles à l’écologie, même s’ils nous ont toujours appris à ne pas jeter des déchets dans la nature et que le gaspillage, vraiment c’est pas bien ! À côté de ça, je n’ai jamais mangé bio petite et ma mère a toujours rempli des caddies énormes chaque semaine au supermarché. Il pouvait y avoir la guerre, je pense qu’on tenait trois mois facile avec les réserves des placards !

Par contre toute l’attention était portée sur l’équilibre alimentaire : ma mère cuisinait beaucoup, j’ai été élevée aux petits plats maison, et les repas étaient composés de manière « équilibrée » : une entrée à base de légumes en général / un plat composé de protéines animales (viande, poisson ou oeufs), de « féculents » (céréales ou légumineuses) et légumes / du fromage ou un yaourt / un fruit. Il y avait très peu de « cochonneries » dans les placards, je n’ai pas le souvenir d’avoir mangé des bonbons ou bu des sodas en dehors des anniversaires et invitations (et c’est très bien comme ça, car je n’aime pas ça aujourd’hui !). Je me rappelle qu’ils nous sensibilisaient beaucoup sur l’alimentation, je revois mon père dire « La Danette après le fruit ! » (c’est d’ailleurs resté une « joke » avec mon frère et mes amies d’enfance !), pour lui le dessert n’était que la cerise sur le gâteau si on avait encore faim après avoir mangé les « bonnes choses » pour notre corps. À mon tour, je parle beaucoup de tout ça avec mes enfants, ils sont très curieux de connaître les aliments qui « donnent des muscles », qui « font grandir » ou « qui « font grossir », qui « donnent des caries »… Ils s’amusent à répéter les mantra « il faut manger 5 fruits et légumes par jour » et « il ne faut pas manger trop gras, trop salé, trop sucré » entendus à la télé. Ma fille a même eu un jeu à noël, édité par l’émission « Les maternelles », pour reconnaître les catégories d’aliments et identifier ceux qui sont bénéfiques pour la santé.

Bref, ce n’est pas un hasard si j’ai songé à devenir nutritionniste au lycée (avant qu’on me dise que ce n’était pas fait pour moi), et je remercie mes parents de m’avoir donné ces bases saines et simples qui sont toujours restées ancrées en moi. Je ne sais pas si c’est lié, mais je n’ai jamais eu de problème de poids et j’ai toujours eu une relation très « normale » à l’alimentation. Lorsque je découvre tous les troubles alimentaires que certaines ont rencontré à l’adolescence voire même encore maintenant, je me dis que c’est une chance. Mais c’est un autre débat.

Végétarisme, végétalisme et tendance green

Mon petit cow-boy et son amour pour les poneys, chevaux

Quand à mon rapport avec les animaux, il est plutôt distant et indifférent (pardon si je choque les personnes qui les adorent, mais je préfère être « vraie »). J’ai comme tous les enfants rêvé d’avoir un chien ou un chat quand j’étais petite. Ma mère y était farouchement opposée, elle n’aimait pas ça et n’y voyait que des contraintes. Ça ne nous a pas empêché avec mon frère d’adopter un chat de gouttière en cachette, qui nous avait fait beaucoup de peine étant donné son état quand on l’a recueilli. Nous allions acheter des croquettes discrètement à la supérette du village avec notre argent de poche. Bien sûr, nos parents ont fini par s’en rendre compte, et ma mère n’a pas eu le choix que de le garder car de toute façon il ne voulait plus partir ! Mais les règles étaient claires : interdiction de rentrer dans la maison, son espace c’était le garage où on lui avait aménagé un petit lit et d’où il pouvait entrer et sortir à sa guise grâce à une petite fenêtre toujours ouverte. C’était une chatte, elle faisait sa vie, et même si elle se laissait câliner de temps en temps, elle n’est jamais vraiment devenue un « chat domestique » comme on l’entend. Et puis elle a fait une première portée, et nous étions absolument ravis ! Autant je ne suis pas très intéressée par les animaux de compagnie, autant les bébés de toutes les espèces me font littéralement craquer. Nous avons réussi à les faire adopter dans notre entourage, non sans mal, et suite à ça ma mère a décidé de lui donner la pilule. Mais pas facile de vérifier qu’elle la prend bien, donc quelques années après elle a fait une autre portée. Cette fois-ci, ne sachant quoi en faire, un voisin s’est proposé de les tuer (mes parents n’en auraient jamais été capables). C’était une pratique assez courante à l’époque (j’espère que ce n’est plus le cas), et je peux vous assurer que ça m’avait traumatisée. Comment pouvait-on être assez cruel pour donner la mort à des petites bêtes tellement mignonnes et sans défense ? Et puis je vous passe les détails, mais les méthodes sont assez barbares. Je n’ai plus jamais regardé du même oeil le voisin en question.

Tout cela pour vous expliquer que même si je n’ai pas d’élan particulier pour les animaux domestiques, je ne suis pas du tout indifférente à la souffrance et à la cruauté. Qui est on pour avoir droit de vie ou de mort sur une autre espèce ?
Au même moment, j’ai commencé à m’interroger sur la chasse. Mon grand-père ayant été chasseur « par plaisir », mon père avait récupéré quelques petits animaux empaillés et ses fusils en bois qui trônaient sur la cheminée. Je n’y faisais pas trop attention, ils faisaient partie de mon paysage depuis longtemps. Mais là tout à coup, ils me dérangeaient beaucoup et me mettaient très mal à l’aise. Comment peut-on tuer des animaux « pour s’amuser » ?

Venons en à mon rapport à la viande. D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été une grosse carnivore ! J’adore la viande et je ne pouvais pas m’en passer. Surtout la viande rouge, bien saignante, voire même les tartares de boeuf. Je me réjouissais de voir l’été arriver pour me délecter des bonnes côtes de boeuf au barbecue, et mon plat préféré est la blanquette de veau de ma maman (un délice !).
Je n’ai jamais trop fait le rapprochement entre le morceau de viande dans mon assiette et l’animal mort. Je sais, c’est un peu hypocrite, mais tout est fait dans l’industrie agroalimentaire pour décoréler le produit de l’animal vivant. Jamais on ne parlait de ces sujets avant ces derniers temps, on ne savait pas trop comment ça se passait « derrière le rideau » et ça arrangeait bien tout le monde ! Car je suis persuadée que si nous devions tuer de nos propres mains la bête qui se retrouve dans notre assiette, on serait beaucoup plus nombreux à être végétariens !
Il en est de même pour les produits laitiers, je peux boire un verre de lait entier pur et m’en lécher les babines, et je crois que je pourrais me nourrir uniquement de pain et de fromage tellement j’en raffole ! Mais à aucun moment je n’aurais pu imaginer que cette addiction pouvait être « mauvaise » pour ma santé, ou même causer la moindre souffrance animale.

 

Végétarisme, végétalisme et tendance green

MES CROYANCES ET MON CHEMINEMENT

J’ai toujours pensé que manger omnivore était « normal » et que c’était la meilleure manière de se nourrir pour une alimentation équilibrée et un corps en bonne santé. Tout cela est très culturel, et ce n’est pas facile de remettre en question des habitudes pratiquées pendant plus de trente ans, des esprits formatés par rapport à ce que l’on nous dit, et des études scientifiques qui vont dans ce sens. Je me suis rendue compte de cet aspect culturel de l’alimentation lorsque j’ai rencontré mon homme. J’ai grandi dans une ville où il n’est pas courant de manger de la viande de cheval, il est même difficile d’en trouver. Lui vient d’une belle région où c’est « normal » (son père était d’ailleurs boucher chevalin), même si c’est un endroit où cet animal est ancré dans la tradition, ils sont très nombreux à en posséder, les adorer et les monter régulièrement. J’ai toujours trouvé ça étrange, comment peut-on aimer un animal et le manger ? C’est bien pour cela qu’on ne mange pas (en tout cas en France) les chiens et les chats, car ce sont des animaux domestiques que l’on câline et considère comme un membre de la famille. Bref, suite à son insistance, j’ai tout de même goûté, mais non sans arrière pensée et un certain « dégoût » même si c’est une très bonne viande tendre et peu grasse.

Quand à mon regard sur le végétarisme, c’est une pratique qui était très marginale il y a encore quelques années. Je n’ai pas fréquenté beaucoup de végétariens dans mon entourage. Je me souviens en avoir connu deux : la tante de mon amie d’enfance, qui faisait beaucoup de voyages en Inde, et que l’on voyait comme une « adorable illuminée » ! Et puis la chérie d’un ami de mon homme, une autrichienne à qui nous avions rendu visite à Vienne il y a une dizaine d’année. Je me souviens encore de sa maigreur et de sa pâleur, et je n’avais pas pu m’empêcher de penser « elle n’a pas l’air en bonne santé, pas étonnant étant donné son mode d’alimentation ». Ça me fait sourire aujourd’hui, mais je voyais cela comme une pratique dangereuse et « border line », tout en respectant bien-sûr beaucoup les personnes concernée, j’ai toujours été très tolérante, ouverte d’esprit et respectueuse des croyances d’autrui.

Après cela je n’y ai plus trop pensé, et je n’ai jamais remis en question mon alimentation jusqu’à il y a 2-3 ans, et l’émergence de la « tendance green », principalement sur internet au début et reprise de plus en plus par les médias.

Et là j’ai réalisé deux choses très importantes pour moi :

– La première c’est le poids des lobbies. Après avoir vu de nombreux documentaires sur le tabac, les médicaments, le sucre, les pesticides, le lait, la viande… je réalise que pour leurs propres profits, des industries sont capables de nous faire croire n’importe quoi. Et les gouvernements, professionnels de santé sont complices, emportés dans la spirale capitaliste. Encore récemment j’ai vu une émission où un représentant du lobby des « produits de protection des plantes » (= pesticides quoi !), affirme sans sourciller qu’il n’y a aucune preuve comme quoi les pesticides seraient mauvais pour la santé humaine. Il n’y a pas besoin d’avoir fait une thèse en je ne sais quoi pour comprendre qu’ils ont forcément un effet néfaste.
J’ai donc commencé à me renseigner, à lire, à suivre des personnes qui tenaient un discours différent, un peu « dérangeant ». Et j’ai vite réalisé qu’on m’avait menti pendant toutes ces années. Je me souviens encore qu’à l’école maternelle on nous offrait une petite brique de lait à la pause de 10h. De qui cela pouvait-il venir, de l’État ? De l’industrie laitière ? Je n’ai jamais su, mais en tout cas ce que j’avais bien intégré c’est que « les produits laitiers sont nos amis pour la vie » ! Pour la vie vraiment ? Je suis aujourd’hui quasiment persuadée que notre corps n’a pas besoin de produits laitiers à l’âge adulte, qu’il n’est pas programmé pour ça et que l’on peut trouver du calcium dans beaucoup d’autres aliments.
De la même manière, manger beaucoup de viande n’est pas profitable à notre organisme, et le scandale de la viande rouge qui serait cancérigène ne m’a pas du tout étonnée. Je sais maintenant qu’une alimentation végétale est possible, qu’elle n’est pas du tout dangereuse pour la santé (à condition de favoriser le bio, car ingurgiter des pesticides n’est pas mieux) et qu’elle pourrait même être bénéfique à long terme.

– Le deuxième constat est que notre appétence grandissante pour la viande est catastrophique pour l’environnement. Il est prouvé que si l’on continue à en manger autant, il n’y aura peut être même plus assez de végétaux pour nourrir les générations futures. La majorité des terres cultivables sont utilisées pour nourrir le bétail, sont très gourmandes en eau et sont généreusement arrosées de pesticides. Le soja OGM (génétiquement modifié pour résister aux pesticides), principalement cultivé en Amérique latine au glyphosate (désherbant chimique connu pour sa dangerosité sur la santé) pour le marché européen,  est une catastrophe écologique et sanitaire. En plus de polluer les sols, il cause de graves maladies aux populations (souvent très pauvres) résidant proches de ces cultures (cancers, mais ils touche surtout les foetus et les enfants : malformations, problèmes de développement, autisme…). Cette nourriture empoisonnée est ensuite donnée aux animaux que nous mangeons, elle provoquerait d’ailleurs chez eux également des malformations et maladies traitées avec de plus en plus d’antibiotiques et médicaments. En gros on nous fait manger de la m…e, sans connaître vraiment les répercussions sur notre santé.

Il est donc clair que lorsque l’on décide de vivre de manière plus respectueuse pour l’environnement et sa santé, on se doit de diminuer considérablement sa consommation de viandes et de produits laitiers.

C’est ce que je fais depuis bientôt un an, et je peux vous dire que c’est un processus qui est long et pas forcément facile. Ce n’est pas évident de se séparer de certains automatismes, qui sont tellement ancrés en nous qu’on n’a parfois pas l’impression de manger de la viande (je pense au jambon dans la quiche par exemple, ou aux lardons dans les lentilles !).
Mais les choses font leur bout de chemin, et je me rends compte que manger moins de viande… me donne moins envie de manger de la viande. Comme quoi on peut se déshabituer de tout. Et je reviens de loin, moi qui en consommais de grosses quantités. Il y a quelques années, il m’était impensable de devenir végétarienne un jour, et là je sens que c’est à portée de main. Mais pourquoi alors j’en consomme encore ? Par goût ? Par peur de sortir de ma zone de confort ? Par manque d’empathie ? Par convention ?
Je me pose souvent ces questions, et je crois en fait que je ne suis pas encore prête. Je me suis toujours revendiquée « bonne vivante », j’aime manger de tout de manière variée et en quantité raisonnable. Et si c’était ça le juste milieu entre plaisir/engagement/équilibre alimentaire ?

Je pense que je ne suis pas prête à me coller l’étiquette « végétarienne ». J’ai bien aimé la formule du nutritionniste dans l’émission « Un monde sans viande » sur France 5 : je peux MANGER végétarien mais ne pas ÊTRE végétarien. Tout est question de nuance, et de cette sacro-sainte liberté si chère à mon coeur.
Je n’apprécie pas plus d’ailleurs l’étiquette « flexitarien » qui fait référence à cette flexibilité que l’on souhaite se donner. Est-ce que l’on peut vraiment mettre dans le même sac quelqu’un qui mange de la viande 3 fois par semaine, et un autre qui en consomme 3 fois par an ?!

Bref, tout ça pour dire que je ne ferme pas la porte, je sais que je vais encore beaucoup évoluer sur le sujet, que je serai peut-être un jour complètement végétarienne et fière de le revendiquer.
Quant au végétalisme, il ne faut jamais dire jamais, mais je ne pense pas pouvoir l’atteindre. Pourquoi ? Car j’aurai l’impression de ne pas être légitime, il me semble que c’est un engagement total pour la cause animale qui vient des tripes, que l’on ne contrôle pas, et s’informer même si c’est un bon début ne suffit pas.
Lorsque je lis Julie, Angélique ou Magali et Michel je trouve ça très beau. On sent que de toute manière ils ne pourraient pas faire autrement, c’est comme une seconde nature, ça fait partie d’eux (même si comme tout le monde, ils ont été élevés dans un monde omnivore et ont fait leur propre chemin).
J’ai beaucoup aimé dernièrement la vidéo d’Esther, sa franchise, son évolution pour arriver au véganisme, et sa conception de « faire le choix de causer le moins de mal possible dans sa vie ».

J’aurais également du mal à vivre selon l’éthique végane, même si maintenant que j’y suis sensibilisée j’y fais attention (j’ai par exemple investi dans un sac Matt&Nat plutôt qu’un sac en cuir), mais pour les vêtements j’apprécie tout particulièrement les matières naturelles et nobles comme la laine ou la soie. Que reste-t-il lorsqu’on bannit tous les produits issus des animaux ? Le coton, pas terrible pour l’environnement. Le lin, le chanvre, le lyocell, la viscose. C’est bien pour l’été, mais pour l’hiver il ne reste que des fibres synthétiques comme l’acrylique et le polyester ? On a parfois le sentiment qu’il faut choisir entre éthique et écologie, et c’est bien dommage.

J’ai l’impression que mon combat et ma vocation à moi sont ailleurs, plus dans la protection de la planète et la santé, même si je ne cautionne pas les méthodes de l’industrie agroalimentaire. Quand je vois une émission sur les pesticides ou le gaspillage, ça me met vraiment en colère, je ressens comme une boule à l’intérieur qui a besoin de sortir, c’est difficile à expliquer.

J’ai bien essayé de me donner « bonne conscience » en choisissant les produits animaux que je consomme avec le plus d’éthique possible : lait, crème, beurre, oeufs bio mais aussi viandes et volailles issues de petites exploitations familiales, ou les animaux sont bien traités, ont de l’espace, peuvent courir et brouter de l’herbe. Mais le scandale de l’abattoir bio du Vigan et les images dévoilées par L214 m’ont vite ramenée à la réalité : ces animaux, même s’ils sont « mieux traités » en amont seront forcement abattus à un moment, dans des conditions similaires aux circuits traditionnels. Il faut arrêter de se voiler la face, tuer une vache pour la manger alors que ce n’est pas un besoin vital pour nous ne sera jamais éthique, quoi qu’on fasse.
Je continue à privilégier ce type de consommation, je boycotte les gros élevages industriels, mais pour les bonnes raisons : la protection de l’environnement, la qualité, le « moins mais mieux ». Mais aussi parce que je préfère donner mon argent pour soutenir de petits éleveurs de proximité qui aiment ce qu’ils font, même s’ils ont malheureusement beaucoup de mal à en vivre.

J’ai bien conscience que le cheminement et mes réflexions que je vous livre ici sont un peu confuses, pleines de contractions et d’incohérences, mais n’est-ce pas le propre de la condition humaine que de douter et se remettre en question sans cesse ?

 

Végétarisme, végétalisme et tendance green

LE GREEN, SIMPLE TENDANCE ?

Élargissons la réflexion au sujet développé par Julie dans sa vidéo, est-ce que le green c’est in ? Est-ce que ce n’est qu’une tendance, qui retombera comme un soufflé lorsqu’une autre aura émergé ? Et est-ce qu’il faut être parfait pour se revendiquer ambassadeur du green, au risque d’être pris pour un(e) opportuniste sans scrupules ?

Je vois de plus en plus de personnes sur la toile, souvent des femmes assez jeunes, qui se revendiquent végane du jour au lendemain. J’avoue que ça a tendance à m’inquiéter un peu, car c’est pour moi une démarche tellement importante et impliquante qu’elle ne peut pas se faire sur un coup de tête aussi rapidement. Et lorsque je comprends les motivations derrière (une plus jolie peau, une perte de poids… en plus de la cause animale) ça me laisse assez dubitative. À mon sens, on doit savoir au plus profond de soi pourquoi on entame une telle démarche, on doit être assez renseigné et passionné pour assumer, défendre ses convictions auprès des autres et tout simplement être en phase avec soi-même. Se lancer dans une telle aventure sans tous ces ingrédients me parait dangereux, pour sa santé mais aussi pour son équilibre psychique, je crains à terme que ces changements trop drastiques entrainent des déviances alimentaires (et des carences). Le corps a besoin de s’habituer progressivement à une nouvelle manière de se nourrir, et il me semble important d’être suivi par un professionnel, surtout au début, et de faire des analyses pour s’assurer que tout se passe bien.

Je me suis posée la question de la ligne éditoriale en créant mon blog, de mon positionnement par rapport à tout ça. Je savais que je voulais parler d’alimentation et de recettes car c’est l’un de mes gros centres d’intérêt, mais j’avais peur de ne pas être « légitime » si je n’étais pas végétarienne. J’ai pensé ne partager que mes recettes « sans viande » et « sans poisson » et puis j’ai vite compris que c’était complètement ridicule. Mon objectif, c’est de partager mon cheminement, mes réflexions, mes ratés mais aussi mes réussites vers un mode de vie plus sain, plus simple et plus respectueux de la planète. À aucun moment je prétends être parfaite, sans reproches ni contradictions. Il en faut pour tous les goûts, tous les « niveaux d’avancement », je me suis dis que si je me posais toutes ces questions d’autres étaient certainement dans le même cas, et que ce serait sympa d’échanger sur nos expériences respectives. Certain(e)s sont beaucoup plus avancé(e)s dans ce qu’ils ont mis en place au quotidien sur certains aspects, et ça me semble intéressant de proposer une diversité de contenus en fonction de nos centres d’intérêts personnels, et de ce qui paraît vraiment important à chacun. Quelqu’un qui prône et montre un lifestyle végane, zéro déchet, ultra minimaliste risque de faire fuir par sa démarche « extrémiste » une personne qui commence tout juste à s’intéresser à ces thématiques (alors que c’est pour la blogueuse en question un mode de vie « normal », qui ne lui demande aucun effort puisqu’elle le pratique depuis plusieurs années).

Les thèmes du « green lifestyle » sont très vastes : écologie, réduction des déchets, slow cosmétique, alimentation healthy et bio (d’ailleurs végétalien n’est pas synonyme de « healthy », Magali l’a souvent fait remarquer dans ses vidéos), minimalisme, simplicité volontaire, médecines naturelles (aromathérapie, naturopathie…), consommation éthique, locale, durable… je suis sûre que j’en oublie ! Chacun pioche ce qui le concerne et l’intéresse le plus.

J’ai adoré par exemple suivre le cheminement de Victoria (Mango and Salt) qui n’était pas végétarienne au début de son blog. J’aime beaucoup retomber sur des articles plus anciens, mesurer tout le chemin parcouru et l’influence positive (tout en douceur) qu’elle peut avoir aujourd’hui sur un grand nombre de personnes.

Et que dire de ceux/celles qui surfent sur la vague, des opportunistes qui ne cherchent qu’à connaître le succès et à s’enrichir rapidement grâce au buzz de la tendance green ? Et bien j’ai envie de dire, premièrement ils n’ont pas choisi le bon créneau pour ça, les petites marques de niche bio n’étant pas les plus rémunératrices ! Et deuxièmement, je crois beaucoup en la sincérité et l’honnêteté, et je sais qu’il y a toujours un juste retour des choses. Les personnes qui font ça uniquement par intérêt seront démasquées tôt ou tard, les gens ne sont pas dupes et savent se faire un avis sur les profiteurs du système.
Quant aux grandes blogueuses jouissant d’une belle audience, qui font de temps en temps un article plus « conscious », j’ai envie de dire tant mieux ! Ça permet de sensibiliser un plus grand nombre de personnes, de faire découvrir d’autres blogs dont c’est le sujet principal. Ça pousse les gens à s’interroger, à sortir de leurs certitudes, à entrevoir une façon de vivre différente, et ça c’est déjà pas mal ! Et arrêtons de leur jeter des pierres parce qu’elles ne changent pas toute leur ligne éditoriale en accord avec ces principes. Arrêtons aussi de pointer la moindre petite incohérence d’une blogueuse qui se revendique « green » : mon dieu elle montre une assiette avec un légume qui n’est pas de saison (elle l’a peut-être acheté surgelé, ou alors cultivé sous serre localement, c’est moins bon au goût mais pas horrible non plus d’un point de vue environnemental), ou quand elle porte un pull Zara (acheté d’occasion et porté pendant 3 saisons – ou pas d’ailleurs !). Chacun fixe son curseur, ses limites et ses propres contradictions, chaque geste est important même si on n’est pas parfait sur tout (qui est parfait d’ailleurs ? Gandhi ? On peut être engagé tout en vivant avec son temps et en s’accordant des petits plaisirs coupables de temps en temps).

 

Végétarisme, végétalisme et tendance green

 

Je vais penser à conclure quand même, merci si vous êtes arrivé jusque là !
À mon avis, il ne s’agit pas d’une simple tendance. Je pense, et j’ai envie de croire que nous sommes en train d’avoir un déclic collectif et que les choses vont changer, doucement mais elles vont changer. Nous sommes à un tournant de notre histoire (si vous n’avez pas encore vu cette conférence je vous invite à le faire), nous sommes en train de vivre une « Green Révolution » qui va bouleverser pas mal de choses à l’avenir. Chacun à l’opportunité d’y prendre part, comme il le souhaite. Si vous n’avez pas encore vu le film « Demain », foncez !
Et surtout je vous demande d’avoir à l’esprit la légende du colibri « chacun peut faire sa part, à son niveau », il n’y a pas de petite action, chaque geste compte. Ah oui et aussi, soyons bienveillants les uns envers les autres, et avançons ensemble vers un monde meilleur 😉

 

Surtout n’hésitez pas à réagir, à donner votre avis dans le respect des croyances de chacun ! Où en êtes-vous avec cette tendance « green » et l’alimentation ?

 

19 Comments

  • Julie dit :

    J’ai adoré te lire ! Tu es très sincère et sur ce sujet, c’est rare <3
    Je me retrouve beaucoup dans ton cheminement. Une enfance classique où on m'a appris à bien manger mais où on m'a aussi forcer à manger mes produits laitiers parce que "c'est bon pour les os".
    Et puis logiquement, je suis devenue adulte et j'ai fait mes propres choix en fonction de mes goûts et de mes convictions. Je n'aime pas les produits laitiers en dehors du fromage et je ne raffole pas de viande. Sans être végétarienne, ni chercher à l'être, je consomme donc naturellement peu de ces produits. Mais je me suis aussi beaucoup posée de questions sur la légitimité de mon blog (et plus largement de mes convictions) sans être végétarienne. Idem dans le choix de mes vêtements, de ma déco… Et aussi sur la contradiction de certains choix : consommer bio mais non local, des matières non animales mais polluantes, etc.
    Finalement, je me suis rappelée que parfois on doit choisir ses combats. Je suis venue à l'écologie parce que je suis une grande passionnée d'Océan et que la pollution est visible tous les jours chez moi. Du coup, je privilégie toujours les démarches qui limitent la pollution, au détriment parfois d'autre chose. Je sais qu'on ne pourra sans doute jamais exploiter les animaux de façon entièrement éthique et que c'est stupide de penser que sa viande ou sa laine est éthique. Surtout que la consommation de viande est source de grande pollution. Mais l'urgence que j'ai choisi, c'est les déchets, les ingrédients toxiques, le plastique…Ce qui ne m'empêche pas de chercher à me soigner mieux, manger mieux, me vêtir mieux…
    Tout ce long discours pour te dire que je suis complètement d'accord avec ta conclusion, je pense qu'on est à un tournant de notre histoire. Le "green" n'est pas une mode, ça sera un mode de vie à plus ou moins grande échelle. Mais encore une fois, chacun l'adaptera à son mode de vie, à ses envies, à son porte monnaie ! Bref merci pour tout ça (vu mon blabla, faudrait que je pense à écrire un article sur le sujet!)

    • Hello Julie,
      Merci beaucoup pour ton commentaire, je suis ravie de pouvoir échanger avec toi sur ce sujet, d’autant plus que j’adore ton blog <3
      Je t'avoue que j'étais un peu stressée en cliquant sur le bouton "publier", je ne veux surtout heurter personne, je suis pas mal de blogs végétaliens ou véganes et j'aime qu'ils me bousculent un peu dans mes certitudes !
      Comme tu le dis si bien, il faut "choisir ses combats", difficile de défendre toutes les causes à la fois au risque de perdre tous ses repères et de s'en dégouter. Il faut écouter la petite voix qui parle en nous, et moi non plus je n'ai jamais supporté de voir toute cette pollution, ces déchets abandonnés sur la plage et dans la nature. Il me semble que "mode de vie green" et "véganisme" sont des convictions différentes qui même si elles sont liées, peuvent aussi s'opposer comme on en a conscience toutes les deux.
      Oh oui, réfléchis à un article sur le sujet, je serai la première à te lire 😉
      Bise et à bientôt

  • Emm dit :

    Ton article traduit bien ce que je pense aussi. Chacun fait son chemin a son propre rythme, et cela doit etre respecté. Qui serions-nous pour juger les autres? C’est encore plus enrichissant de voir la diversité des parcours de chacune, car chacun peut y trouver qqch qui resonne avec ses propres doutes, et se mettre a réfléchir. Tant qu’on avance c’est le principal!
    Et comme tu le dis si une bloggeuse qui n’est pas issue de cette tendance s’y interesse et publie des articles sur ce style de vie, meme ponctuellement, c’est fabuleux, car elle pourra elle aussi amener d’autres personnes a y reflechir.

    • Hello Emm,
      Merci pour ton message, ça me fait plaisir d’avoir ton retour suite à nos échanges sur Facebook 🙂
      Je suis d’accord avec toi, ce que j’aime voir c’est le cheminement des autres, leurs questionnements et évolution, presque plus que le résultat ! Je suis la blogosphère depuis ses débuts, soit 10 ans, et depuis l’émergence de la tendance green j’avais aussi envie de me lancer mais je me disais « À quoi bon ? D’autres sont déjà plus avancées, et mieux renseignées, que vais-je apporter de plus ? En fait on a tous une vision différente, une approche qui nous est propre et qui peut plus toucher certaines personnes qui se reconnaissent en nous et qui se sentent rassurées… Donc oui, tout le monde a sa place, et c’est plutôt chouette 😉
      À très vite

  • Perso j’ai grandi en mangeant végétalien (plus strict meme, macrobiotique) et ca a été très dur pour moi. On étaient aussi « green » avant que ca ne soit tendance.
    Bref, maintenant je me considère flexitarienne. Je ne m’interdit rien, meme si je pense que je mange de la viande seulement 1/3 fois par mois. Et je trouve ca dommage de montrer du doigts celles et ceux qui ne font pas tout « green ». On peut très bien s’y connaitre en tambouille menage bio par exemple mais avoir besoin d’une voiture dans la vie de tous les jours. La tolérance est une qualité a ne pas négliger 🙂

    • Hello,
      C’est très rare les gens qui étaient végétaliens avant ces dernières années, ça ne devait pas être facile à vivre et à assumer aux yeux de la société. Je trouve ça intéressant, car tu as fait le chemin inverse pour trouver ton propre équilibre et te sentir en accord avec toi-même.
      Exactement, on fait au mieux par rapport à nos moyens et nos contraintes. Je me souviens d’une conversation avec une connaissance, où l’on parlait du livre de Béa Johnson au moment de sa sortie. J’expliquais à quel point je trouvais son mode de vie génial et inspirant, et la personne m’a répondu « Oui enfin je l’ai vue dans un reportage, c’est bien beau de réduire ses déchets, mais si c’est pour rouler en 4×4 c’est ridicule. Elle fait ça uniquement pour se faire connaître ». J’avais trouvé ça d’un cynisme, d’autant plus qu’il s’agissait d’une voiture hybride qu’elle était obligée d’utiliser pour faire ses courses en vrac.
      Merci d’avoir partagé ton expérience, chaque parcours est différent, c’est ce qui est enrichissant 🙂
      À bientôt

  • Patricia dit :

    Tout d’abord je tiens à te dire que j’ai pris un réel plaisir à te lire. Je n’ai pas vu le temps passer et ta façon de donner ton point de vue, de raconter ton évolution.. Bravo !!
    Je suis végétarienne depuis mes 14 ans, à tendance vegan depuis un peu plus de 2 ans. Et parfois ça me fais rire celles qui le dont par « mode »..
    Je suis entièremet d’accord avec toi. Il n’y a pas une façon parfaite d’être végétarien/végétalien/vegan. Je pense que se « forcer » à devenir quelqu’un d’autre n’est pas la solution. Chacun évolue à son rythme, et surtout, personne n’évolue de la même façon. Il ne faut pas être un « bon » vegeta*ien, il faut être en paix avec soi-même et être fier de ses choix/convictions.
    En tout cas, merci pour cet article qui m’a énormément plu !! Hâte de lire tes prochains articles, de découvrir un peu plus ton univers !!

    • Hello Patricia,
      Oh merci beaucoup, ton message me fait tellement plaisir 🙂 Il m’a pris un temps fou à rédiger, j’avais peur d’être maladroite et mal comprise !
      Je trouve ça très beau les personnes qui ont des convictions fortes et qui les assument très jeunes, c’est une vraie force de caractère.
      Bravo aussi pour ta tolérance et ta bienveillance, c’est agréable d’échanger avec des personnes ouvertes d’esprit, tes mots sont très justes. J’aime quand tu dis  » Il ne faut pas être un « bon » vegeta*ien, il faut être en paix avec soi-même et être fier de ses choix/convictions. »
      Je serai ravie d’échanger avec toi sur d’autres sujets 😉

  • Amandine dit :

    Article très intéressant comme toujours!
    Je vais parler de ma petite expérience. Je me suis tournée vers le bio au niveau des cosmétiques surtout parce que j’ai deux allergies au niveau de mon cuir chevelu à cause de shampoings au supermarché. Avant ça, je mettais tout et n’importe quoi sans me préoccuper de la composition ou ce genre de choses. Puis à cause des allergies, je me suis intéressée de plus en plus aux ingrédients et je me suis tournée vers le bio.
    Côté alimentation, je ne consomme pas bio pour plusieurs raisons. Ceci dit, cela ne veut pas dire que je le ferai jamais. D’un autre côté, à la Réunion, on a la chance d’avoir de la viande élevé en grand air dans les hauts, sans antibiotique et labellisé. Ceci dit, le boeuf péi est beaucoup trop cher; du coup, on se tourne vers la viande étrangère qui soit dit en passant n’a plus vraiment le gout de boeuf. Donc, c’est une viande que je pourrai arrêter facilement mais ni le poulet ni le porc ( que je mange fabriqué à la réunion). Pour les légumes et les fruits, la plupart est acheté directement avec les producteurs; on a cette chance d’avoir certains qui produisent et qui vendent. Cela dit, ce n’est pas bio mais on commence à en trouver sur les marchés et d’autres qui font les systèmes de panier. Côté fruit, on a la chance d’en avoir chez nous ou/et chez des amis; et, la plupart du temps c’est pas traité.
    Côté petit déjeuner, je réfléchis depuis longtemps à arrêter de consommer des corn flakes bourrés de sucre et qui à 10H00 te donne faim. Du coup, je vais me tourner vers les flocons d’avoine avec un assortiment de noisette, d’amande et de fruits.
    Tout ça pour dire que finalement c’est long cheminement et apprentissage. Et puis aussi, qu’il est important de privilégier les produits locaux que les étrangers quand c’est possible évidemment. C’est comme pour les cosmétiques, consommer bio c’est bien mais ce qui est encore mieux à mon avis c’est des marques locales, d’éviter dans la moindre mesure de commander sur le net.
    Mais, j’admets que ce n’est pas évident ni toujours facile. Mais petit à petit, on peut y arriver.

    • On est bien d’accord que chacun fait comme il veut par rapport à ses préoccupations principales, mais aussi comme il peut en fonction de l’endroit où il habite et de ce qu’il peut se procurer.
      De mon côté, j’ai complètement arrêté l’alimentation industrielle, transformée, je privilégie les aliments bruts. Par contre, je suis mauvaise élève concernant les cosmétiques car j’adore souvent des marques qui sont produites à l’autre bout de la planète (Antipodes, Tarte…) et qui sont naturelles mais pas forcément bio. Chaque chose en son temps, et ce qui est bien c’est qu’avec la demande grandissante, on voit l’émergence de nouvelles marques bio françaises (ou locales pour toi qui vis à la Réunion) qui offrent un choix plus intéressant. Par contre, il faut veiller à ne pas retomber dans une consommation « bio » et « éthique » de masse, car ça n’aurait aucun sens !

  • FH45 dit :

    Aloah Laurence!
    Bravo pour ton article! Il est clair et pose les bonnes questions (en tout cas, je constate que nous sommes un certain nombre à nous les poser et c’est chouette). Je crois que c’est une bonne chose de chercher son équilibre car cela rend aimable, aimant, tolérant, ouvert… plutôt que de vouloir coller à une étiquette et risquer de devenir irritable, irritant…
    A bientôt! Au plaisir de te lire (et aussi de lire les commentaires forts sympathiques de tes lectrices)!

    • Hello toi !
      Merci beaucoup, c’est vrai qu’on est de plus en plus nombreux à s’interroger sur notre mode de vie et son impact, notre consommation, ce que l’on met dans notre assiette, et c’est vraiment enthousiasmant.
      Je te rejoins complètement sur le fait qu’il est plus important de vivre en accord avec soit-même et d’être rayonnant plutôt que se forcer à renvoyer une image parfaite, trop rigide, qui nous fait étouffer.
      À très vite, et c’est clair que si on a les lectrices (ou lecteurs !) qu’on mérite, je suis très flattée 😉

  • Jule dit :

    Ta pensée rejoint beaucoup la mienne : non, on a pas besoin d’être parfait(e) pour se dire écolo. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai choisi « écolo imparfaite » comme slogan pour mon blogue. Comme ça, dès que quelqu’un débarque sur mon blogue, elle ne peut pas me dire « oui, mais tu fais [quelque chose]/tu ne fais pas [telle chose] », parce que je dis d’emblée que je sais que je ne suis pas parfaite. Il y a tellement de choses qui peuvent être faites que c’est impossible de toute les faire, et encore moins tout d’un coup!

    Pour ce qui est de la consommation de viande, je pense que c’est un minimum qu’un(e) écolo connaissent les conséquences environnementales de ce geste. Le végétarisme est accessible à pratiquement tout le monde (par exemple, je sais que des personnes sont intolérantes au soya et aux noix, et certaines personnes digèrent vraiment mal les légumineuses – et quand je dis mal, c’est à rendre malade, pas de simple gaz! 😉 ). Le végétalisme, ça demande effectivement plus de préparation.

    Et pour ce qui est du véganisme, je suis tout à fait d’accord avec toi : c’est une cause éthique, pas un régime pour avoir une belle peau (même si, oui, ça aide). Le problème, c’est qu’en français, je vois encore beaucoup de personnes écrire « vegan ».

    Vegan = Végane (pas de produits d’origine animale dans l’alimentation, les produits corporels et ménager, et les vêtements. Boycott des zoos et compagnie). Article très chouette sur pourquoi écrire « végane » ici : http://penseravantdouvrirlabouche.com/2014/04/15/nous-sommes-veganes/
    Plant-based = végétalien (alimentation végétale, point barre).

    La distinction en anglais est moins claire, parce que plant-based, ça insinue aussi de ne pas consommer de mets préparé, donc « vegan » est aussi utilisé pour « végétalien », alors qu’en français, c’est différent. J’ai rien contre les anglicismes, mais faut savoir comment bien les utiliser.

    Pour ce qui est de la tendance « green », je bloguais déjà sur ces sujets avant que ça explose (en tout cas, j’ai seulement remarqué l’intérêt grandir rapidement à l’automne dernier! Ça bouge un peu moins vite au Québec, je trouve), alors je ne fais que surfer sur la vague. 😉 Mais bon, pour ce qui se passe sur les gros blogues, j’en prends et j’en laisse, surtout que je ne les lis pas vraiment (surtout les blogues mode/beauté, puisque ça ne vient pas du tout me chercher).

    • Hello Jule,
      Ah ah, bonne idée, tu annonces la couleur directe comme ça pas de malentendu !!
      Je tiens à te remercier pour tes éclaircissements, je voyais souvent écrit « vegan » ou « végane » et je ne savais pas vraiment qu’elle était la différence… Si je comprends bien, en anglais « vegan » est synonyme de végétalien et n’implique pas forcément le mode de vie éthique qui va avec. Ça fait une grosse différence en effet, je vais me permettre de le modifier dans l’article du coup (mon côté perfectionniste !). Vivant au Québec, je pense que tu as une vision plus claire de ces différences culturelles 😉
      Pour ma part, j’aime bien garder une diversité dans mes lectures donc je suis encore quelques blogs « mode », mais je me rends compte que pour la beauté je me tourne de plus en plus vers celles qui sont en mode « slow cosmétique ». À quoi bon entendre parler de produits qui ne nous intéressent plus ?! Ce qui me gêne le plus maintenant dans ces thématiques, c’est la surconsommation et le gaspillage qu’elles entraînent.
      À très vite

  • Taia dit :

    Bonjour,

    Je voudrais te dire que ton article est vraiment super, et qu’il manque sur la toile des visions nuancées comme la tienne. Pas du tout au fait de l’écologie et du vegetarisme pendant mon enfance, j’ai découvert cet univers via les blogs il y a 6 ans environ. Cela m’a fait découvrir de belles choses (c’est grâce à ca que je me suis mise à cuisiner, ce qui est depuis une vraie passion), mais cela a aussi été une cause de beaucoup de souffrances pour moi. A l’époque j’avais 22 ans, et j’étais bien plus infuencable que je ne le pensais. A force de lire des blogs green et vege (que j’adore toujours, je ne jette pas la pierre car c’est juste mon interprétation qui en a été excessive) je suis devenue vegetarienne quasiment vegetalienne en très peu de temps. Sachant qu’en parallèle j’avais lu le livre Anticancer, je mangeais vegan et tres tres sain (trop?). Et puis je suis devenue prof de yoga (le plus beau métier du monde, mais qui implique un fort engagement physique…). Bref, tout ça pour dire que 3 ans plus tard, je pesais 41 kilos pour 1,60m… Et j’ai mis un temps fou (6 ans!) pour admettre qu’à trop vouloir bien faire, je m’étais fait du mal. Je « m’autorise » désormais à manger du poisson une fois par semaine (enfin j’ai plutot l’impression de me forcer, mais c’est une autre histoire) et du poulet de temps et temps, parce que je me dis qu’il le faut pour ma santé. Mais je ne le fais jamais sans une certaine culpabilité. Aujourd’hui j’ai un rapport plus apaisé à l’alimentation (et j’ai repris 4 kilos) mais je pense que cela n’a pas été sans dégâts psychiques. Et je ne parle pas des séquelles physiques puisque je suis actuellement totalement infertile, sans regles ni ovulation… Donc oui, attention aux jeunes femmes qui se décrètent du jour au lendemain vege, j’en ai largement fait les frais. Encore une fois, je suis pour le vegetarisme sur le principe, mais toujours à l’écoute de son corps comme tu le dis si bien. Je regrette tant d’avoir maltraité le mien que je trouve important de témoigner. Merci pour ton article fantastique.

    • Hello Taia,
      Je te remercie pour ton témoignage qui m’a beaucoup touchée. Tu confirmes malheureusement les craintes que j’exprime dans mon billet, que l’on peut être influençable quand on est jeune (je l’ai moi-même été), et que vouloir se conformer à tout prix à l’image véhiculée parfois sur la toile peut s’avérer dangereuse… surtout quand on l’applique au pied de la lettre, trop rapidement, et sans en mesurer l’importance.
      L’obsession de manger sain peut amener à des troubles alimentaires, appelés « orthorexie », qui conduisent souvent à l’anorexie ou la boulimie comme tu le décris. Il est vraiment important de garder un équilibre, savoir se faire plaisir et écouter son corps, et surtout aller à son rythme et ne pas s’imposer des changements trop drastiques.
      Encore merci pour ton message et ton courage d’en parler ici. Je pense que tu peux être végétarienne si cela te convient mieux, en mangeant assez de protéines végétales mais aussi du bon gras indispensable à notre corps. Enfin, je ne suis pas médecin, je pense que tu es suivie maintenant et je te souhaite de tout coeur de retrouver ton équilibre et ton corps, en toute bienveillance.
      Prends soin de toi <3

  • Marie dit :

    J’avais découvert ton blog il y a quelque temps mais je n’avais pas lu cet article (que tu as repartagé via facebook).
    J’ai su grâce à ton post que le 20 mars était la « journée internationale sans viande » et le hasard a fait que j’ai posté mon article « 5 recettes d’apéro végé que tes amis carnivores vont kiffer » de mon tout jeune blog ce jour là aussi.
    J’y aborde rapidement en préambule pourquoi j’ai décidé d’arrêter de la viande il y a peu, mais j’ai fait le choix de ne pas entrer dans ce débat car je n’en avait pas envie et que ce n’était pas le sujet de l’article.
    En te lisant je me suis dit que tu étais courageuse de partager ton opinion, toujours sincère et plein de bon sens. Je me rends compte aussi à quel point ce genre d’article bienveillant, qui prône le respect des choix de chacun et incite à accepter et tolérer ses propres contradictions m’a manqué à l’époque où je suis entrée brutalement dans le monde « green » il y a 3 ans.
    A force de lire des articles et voir des vidéos de végé/végan/crudivores militants, j’en étais presque arrivée à devenir « mauvaise » envers ceux qui critiquaient ou ne comprenaient pas ces choix. Le jour où j’ai vu des affiches « GO Vegan » placardées dans ma rue avec des photos trash d’animaux morts dessus je me suis dit que c’était vraiment dommage de militer comme ça et que ce n’était pas en critiquant violemment ou en jugeant les autres qu’on allait arriver à faire passer des messages…
    J’ai pris beaucoup de recul depuis et me suis engagée dans une démarche plus bienveillante du changement, notamment après avoir lu des articles comme les tiens. J’en ai d’ailleurs fait la ligne éditoriale de mon blog : green décomplexé et imparfait !
    Alors merci pour ta vision et vive les nuances et la bienveillance !

    • Hello Marie,
      Je te remercie pour ton message et te rejoins sur le fait que, lorsque l’on commence à s’intéresser à tout ça, on lit beaucoup de contenus sur le sujet, on suit des personnes engagées depuis un moment qui sont passées au végétarisme puis au véganisme et pour qui ça paraît totalement naturel, mais on oublie vite qu’elles sont passées par des étapes plus ou moins longues pour en arriver là, que tout ne s’est pas fait du jour au lendemain.
      De plus, les réseaux sociaux avec leurs algorithmes ont tendance à nous mettre dans une « bulle de valeurs » en nous proposant uniquement des contenus qui peuvent potentiellement nous intéresser. C’est comme cela que j’ai eu l’impression à un moment que tout le monde était végé ou végan, que c’était devenu la normalité et que c’est moi qui n’était pas normale ! Alors que dans ma « vie réelle », il s’agissait d’une pratique très marginale, voire même incomprise par la majorité de mon entourage, et lorsque je disais que je ne mangeais presque plus de viande, on me regardais interloqué (sans même prononcer le mot végétarienne).
      Tout ça pour dire qu’il est vraiment important de se demander pourquoi on fait les choses, quelles sont nos valeurs, nos envies profondes… On ne devient pas végé parce que c’est la mode, parce que c’est cool de ne plus voir les animaux souffrir. C’est un cheminement qui prend du temps, et ça me paraissait important d’en parler en toute transparence, qu’il n’y a pas de honte à cela, et qu’il faut savoir être bienveillant avec les autres et soi-même 😉
      Sur ce je vais jeter un oeil à ton blog 🙂
      À bientôt

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