Quels aliments bio privilégier ?

Dans l’idéal, ce serait parfait de pouvoir consommer uniquement des produits biologiques, pour ses impacts sur notre santé et l’environnement.

Je dis bien « dans l’idéal », car dans la réalité ce n’est pas toujours simple : on ne trouve pas forcément tout ce dont on a besoin en fonction de l’endroit où l’on habite, et les prix sont plus élevés que pour les produits « classiques » donc ce n’est pas à la portée de toutes les bourses. Quoique sur ce dernier point, tout est question de priorités, et nous avons toujours avec mon homme consacré une grande partie de notre budget à l’alimentation, en prônant le « moins mais mieux » et se donnant la peine de trouver les meilleurs produits au meilleur rapport qualité-prix. Mais je comprends que ça puisse ne pas être la priorité n°1 de tout le monde.

Quand j’ai commencé à m’intéresser au bio, à fréquenter les magasins spécialisés, j’ai rapidement réalisé qu’il était très difficile de passer du jour au lendemain à une alimentation « tout bio ». Je me suis donc intéressée aux aliments qui étaient les plus traités, les plus raffinés, pour orienter mes priorités.

Il faut savoir que la France, première puissance agricole européenne, est le pays qui a le plus recours aux engrais et produits chimiques dans ses cultures. Nous sommes les champions du taux de pesticide dans le sang de nos habitants, à des niveaux 3 fois plus élevés que nos voisins allemands ou même que les américains ! Ça fait réfléchir… Des études ont démontré que tous ces pesticides que nous ingurgitons seraient impliqués dans le développement de maladies graves : cancers du sein et de la prostate, maladies neurodégénératives comme Parkinson ou Alzheimer, trouble de la puberté, développement de l’autisme, perturbateurs endocriniens… Sans vouloir céder à la psychose, il est temps de se poser les bonnes questions.

Je ne vous parle même pas de l’état de nos sols, où l’on a complètement tué la biodiversité avec l’agriculture intensive, et où il sera bientôt impossible de faire pousser quoi que ce soit.

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Consommer de manière plus responsable devient donc une nécessité, et au fil de mes recherches j’ai établi une liste des aliments pour lesquels il faut ABSOLUMENT privilégier le bio :

FRUITS
– Pomme (le fruit le plus traité en France, elles contiennent 35 pesticides en moyenne. Faites aussi attention lorsque vous achetez des compotes pour vos enfants)
– Pêche
– Nectarine
– Fraise
– Raisin
– Orange (d’autant plus si vous souhaitez utiliser le zeste)
– Mandarine
– Myrtille
– Cerise
– Poire

LÉGUMES
– Céleri
– Épinard
– Laitue
– Poivron
– Chou frisé
– Tomate, tomate cerise
– Concombre
– Pois gourmand
– Haricot vert
– Carotte
– Pomme de terre (qui sont même traitées après récolte, avec des produits anti-germination par exemple)
– Poireau
– Piments

AUTRES
– Pain
– Yaourt, et produits laitiers en général (le bio assure que les animaux n’ont pas subi de traitements antibiotiques intensifs comme c’est malheureusement beaucoup le cas dans les élevages traditionnels. Les animaux mangent bio, il faut savoir que le lait contient 5 fois plus de pesticides que les végétaux car ils s’y accumulent)
– Biscuit
– Plat préparé (remplis d’additifs en tout genre – que ce soit en bio ou non, mieux vaut éviter d’en consommer. Attention, « Bio » n’est pas synonyme de « diététique »)
– Viande
– Charcuterie
– Poivre
– Oeufs
– Thé et infusion (on fait tremper les feuilles pour les boire, donc si elle ont été pulvérisées de pesticides… vous voyez ce que je veux dire !)

et ceux que l’on peut continuer à consommer en « non bio » sans trop de craintes :

FRUITS
– Ananas
– Mangue
– Papaye
– Kiwi
– Pamplemousse
– Pastèque
– Melon

LÉGUMES
– Avocat
– Maïs (quoique j’ai tendance à le prendre en bio pour m’assurer qu’il ne contient pas d’OGM !)
– Petits pois
– Oignon
– Champignon
– Asperge
– Aubergine
– Brocoli
– Chou-fleur
– Patate douce

Je vous propose quelques astuces pour manger de meilleurs produits à moindre coût :

– Faire le marché de producteurs (il y en a quasiment dans toutes les villes, même les villages) et se renseigner sur leurs méthodes de production. Ils sont nombreux à cultiver bio sans avoir le label (à cause du coût et des contraintes engendrés), et proposent de fait des prix plus bas. D’autres pratiquent l’agriculture raisonnée, c’est-à-dire qu’ils ne traitent pas systématiquement mais uniquement lorsque c’est nécessaire
– Manger local et de saison, car un produit qui est cultivé au bon moment nécessite moins d’engrais
Diminuer sa consommation de viande et de poisson, car ils sont très coûteux en bio, et leur intérêt pour la santé est de plus en plus controversé. À la maison, nous avons beaucoup diminué notamment la viande rouge dans nos assiettes, et nous continuons à acheter deux poulets par mois en moyenne. Nous nous servons au marché auprès d’un éleveur qui a une exploitation familiale, où ils sont nourris au grain et peuvent courir en liberté.

Je dirais que chez nous, le bio représente aujourd’hui 60% de notre alimentation.

J’achète tous les produits de « base » en version bio (oeufs, lait, farine, beurre, riz, pâtes, légumineuses, huiles, sucre et autres produits sucrants…) ce qui m’assure un maximum d’aliments de qualité dans mes préparations. Achetés en vrac en magasin bio, ils ne coûtent pas plus cher que les marques des supermarchés.

Par contre je déplore le fait de ne pas pouvoir consommer tous les végétaux en bio, car les magasins spécialisés près de chez moi proposent une offre encore trop limitée et souvent pas très appétissante. Les légumes par exemple sont souvent « flétris » (salade, herbes aromatiques) et ne donnent pas envie, les produits ne sont pas très diversifiés, on en a vite fait le tour (j’habite pourtant dans une grande ville où il doit y avoir du passage).

Ce qui me gêne aussi, c’est le faible « gain gustatif  » du bio. Sans engrais ni pesticides, on pourrait s’attendre à des saveurs plus concentrées qui rappellent le goût des légumes du jardin, mais il n’en est rien. En fait, que ce soit en bio ou en traditionnel, tout dépend de la manière dont les végétaux ont été cultivés. Entre un producteur local qui « bichonne » une petite production savoureuse et les serres bio des cultures intensives espagnoles, il y a tout un pas. De ce fait, nous continuons à nous servir chez un  primeur au marché qui ne propose pas de produits bio (ou très peu), mais qu’il sélectionne avec soin et qui ont toujours beaucoup de saveur.

Pour allier bienfaits pour la santé, gustativité, accessibilité et protection de l’environnement, il faudrait donc allier agriculture biologique, de saison, locale, auprès de petits producteurs consciencieux... ça devient un vrai casse-tête ! Même si la piste des marchés de producteurs est à creuser d’avantage, en n’hésitant pas à se renseigner et poser des questions sur leurs méthodes de culture et d’élevage. Autre solution : cultiver soi-même ses légumes (vivement que j’aie un jardin !)

Pour compléter cette réflexion, je vous invite à lire l’article « Les produits bio coûtent-ils vraiment plus cher ? de Sempervivum sur lequel je suis tombée il y a quelques jours, ainsi que le document « Peut-on manger 100% bio ? » de CLÉS Magazine.


Et vous, quel est votre rapport aux produits bio, et leur part dans votre alimentation ?

 

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